L’Octobre ostréicole

L’Octobre compte beaucoup pour nous. Il s’annonce tout au long de l’année, du naissain que l’on met en place, au « 18 mois » que l’on dédouble ou que l’on sème, aux huîtres adultes que nous mettons en poches sur un parc dédié, où l’on dit que l’on met les « huîtres des foires » à cet endroit. 

Les huîtres de Dunkerque. Les huîtres de Nieuwpoort. 

Parce que Dunkerque c’est le coup de fouet qui lance la saison pour nous. C’est une ville qui fait partie de nos vies. Avec la Bouée Bleue. Dunkerque c’est la Bouée Bleue. Surtout. 

Même si à une certaine heure de la nuit, la Bouée Bleue s’efface presque en faveur des Dunkerquois. Ceux-là même que je ne me lasse pas de filmer année après année. 

Cette année, il y avait Johnny !

On dit qu’on va à Dunkerque pour vendre des huîtres, mais en réalité c’est bien plus que ça. L’amitié qui nous lie à cette ville, amitié adolescente pour mois (11 ans), adulte pour Jean-Noël (36 ans de Dunkerque ça compte !) est gravée dans le marbre, l’airain, le coeur que tu veux. 

La pérennité de cette foire n’existerait pas sans le petit grain que nous devons tous avoir, cette douce folie, qui nous fait tenir les 3 jours fous que dure la foire, du vendredi midi au dimanche. 

La première fois, c’est Anne-Marie qui m’avait dit « tu verras, tant que tu n’as pas vécu Dunkerque, tu ne pourras pas imaginer ». 

« Vécu Dunkerque »

Vivre une ville. Dans son coeur, dans sa chaleur, dans son exubérance, sa danse et sa musique. Vivre Dunkerque et…

Cette année encore, le rendez-vous a été honoré, un équipage soudé dans la frénésie d’amateurs d’huîtres et de fête, une ampoule à chacun au moins pour que l’on garde une trace de ces jours là, dans la main, sans jamais lâcher le couteau, sauf pour aller manger dans un moment plus calme de l’après-midi, entre deux danses, deux sourires. 

J’ai encore une fois réalisé que si nous revenons chaque année, c’est pour vous, les Dunkerquois, fiers, joyeux, courageux, fous. 

Et les Forbans

Il n’est pas possible de parler de Dunkerque, sans citer la SNSM. Leur travail bénévole remarquable. Leur canot de sauvetage, le Jean Bart II. Les moments d’émotions fortes.

L’Octobre rose de la Sirène…

L’Octobre continue aussi un peu plus loin dans le plat pays qui n’est pas le mien, un peu plus au nord encore, dans les Flandres aux R qui roulent, aux langues qui claquent.

Nieuwpoort.

Un rythme complètement différent, plus sage, plus calme, mais pas moins chaleureux. 

L’avantage des voyages, ce sont les découvertes, les différences qui rapprochent. Les petits sandwichs de la fin de matinée, le café croissants et autres du samedi et du dimanche matin, et surtout, la soupe à la crevette de Dominique. 

Cette soupe c’est du bonheur en bol. Elle se rappelle à nous dès le petit coup de barre de la fin d’après-midi, elle ravigote quand elle gouleye nos corps engourdis.

L’esprit du bénévolat continue de me sidérer. L’engagement de chacun, à Dunkerque comme à Nieuwpoort, est remarquable. En cela, je prends des leçons à chaque fois.

Enfin, nous rentrons du Nord. 

Nous remettons en place un rythme de travail habituel en ce mois d’avant l’hiver, le tri des poches, des huîtres qui sont dedans, pour les mettre par taille « les calibrer » et les replacer sur les tables, en mer, afin qu’elles continuent de profiter, au calme, ou presque, des phytoplanctons encore très présents vu l’ensoleillement et la chaleur qui ont duré plus qu’il ne faut. 

L’Octobre lance la saison des huîtres, arme nos longues journées à venir, prépare avec attention chaque huître qui vous parviendra. 

Si l’iode est un élément nutritionnel indispensable à notre bonne santé, ce parfum qui s’échappe de la bourriche que vous mettrez dans le bas de votre réfrigérateur ou dans votre cave, ne manquera pas de vous rappeler un moment précieux de votre vie, qu’il soit en convivialité ou en vacances sur une terrasse du bord de mer. 

C’est l’avantage de ce métier : dans l’huître il n’y a que du bonheur à donner, alors profitons-en. 

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