Bloom

Et bim.

Le froid.

La pluie.

Ces conjonctions de pas coordination qui bousculent les plannings.

Cette année nous ne mettrons pas le naissain en place en avril.

Nous mettons plein d’autres choses en place parce que c’est le printemps quand même, c’est le soleil qui nous le dit. À moins que ce ne soient les oiseaux dans la haie. Ils chantent à s’en étourdir les plumes.

Les fenêtres s’ouvrent plus longtemps, l’air peut irriter les yeux, les allergiques le savent bien, les pare brise se parent de poudre jaune.

Il n’empêche que c’est beau le printemps.

Nous avons eu un hiver humide. Très humide. Nous n’avons pas eu vraiment froid. Les ruptures thermiques attendues n’ont pas eu lieu.

Il faudra revenir en été pour en savoir les conséquences sur les parcs, la végétation, les couleurs, la nourriture…

Mais voilà, Giovanni nous a dit « le naissain est trop petit, je vais attendre la maline prochaine ».

Pendant longtemps je ne faisais pas la maline de la Maline. Les charentais ont un joli vocabulaire pour plein de mots et notions. Les drôles et la maline sont ceux que j’entends le plus.

Bref, la maline c’est la grande marée.

Ici pourtant, en ria, les huîtres sont en pousse. Vraiment en pousse.

Le coefficient de croissance d’une huître (ça fait savant, ou matheux, je ne suis ni l’un ni l’autre) diminue avec l’âge. Comme nous quoi.

Mais visiblement, notre façon de faire permet au coquillage de bien se développer, car même les adultes sont en croissance.

Et cela grâce à qui ?

Grâce à Plancton végétal ! Phyto de son joli prénom 🙂

Bon d’accord, le fait que l’on aie une très faible densité joue aussi. Moins il y a de gourmands plus il y a à manger ! C’est élémentaire cher Watson.

Et à quoi cela est-il dû ?

Si le printemps est là, comme le racontent les signes visibles à l’oeil nu dans nos campagnes et jardins, puisque les arbres remettent leur habit vert, que les forsythia jaunissent, que le charme agit, que le Polownia du voisin se clochette de mauve, c’est bien que la nature frétille.

En mer, c’est pareil.

Même si notre chien n’est pas encore convaincu que l’eau est assez chaude, les rayons du soleil produisent la lumière qui pénètre suffisamment loin dans l’eau pour qu’elle aie cette action de photosynthèse qui transforme l’énergie lumineuse en énergie chimique. Ce qui produit de l’oxygène (le plancton poumon de la planète !). Cet échange d’énergies est rendu visible par la couleur de la chlorophylle !

Avec les diatomées, les huîtres trouvent à se repaître tant que tant. La multiplication extraordinaire du phytoplancton au printemps, ou efflorescence alguale, nourrit les huîtres, leur permet de prendre des forces pour la période de reproduction qui va se présenter au fur et à mesure du réchauffement de l’eau. C’est en ce moment qu’elles sont les plus charnues, et gourmandes. Toutes les papilles sont sollicitées, on en prend plein le palais !

Bref, si bloom il y a, c’est bloom pour nous aussi !

En terme de bloom, c’est aussi le réveil du site Observatoire du plancton de Port-Louis. Il refait peau neuve petit à petit, et il annonce en grand l’événement auquel nous sommes convaincus que vous aurez envie d’aller faire un tour : Les 20 ans de l’Observatoire ! Nous fêtons cela les 1er et 2 juin, un samedi et un dimanche, avec des artistes, des tables rondes, des animations, des dégustations…abonnez-vous aux pages de l’observatoire et celle des 20 ans (cliquez sur les liens plus haut) devenez adhérent, ou mieux encore : faites un don à l’association qui vit de mécénat et a besoin de vous pour ses salariés indispensables aux missions données à l’Observatoire ! Ce faisant, vous devenez acteur de la goutte d’eau !

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